Le HVO, un biocarburant taillé pour les contraintes du terrain
Parmi les différentes alternatives étudiées ces dernières années, le HVO s’est progressivement imposé comme l’une des options les plus pertinentes pour les matériels thermiques. Produit à partir d’huiles usagées, de résidus agroalimentaires ou de graisses animales, ce biocarburant de deuxième génération présente un avantage majeur : sa composition est très proche de celle du gazole conventionnel. Cette proximité facilite considérablement son adoption. Contrairement à d’autres carburants alternatifs comme le B100, le HVO ne nécessite ni modifications importantes des moteurs ni adaptations spécifiques des procédures de maintenance. Selon les représentants de la filière, près de 99 % des moteurs thermiques récents sont aujourd’hui compatibles avec ce carburant. Pour les constructeurs, cet aspect est déterminant. Les matériels sont commercialisés à l’échelle internationale et doivent pouvoir fonctionner dans des environnements variés, avec des contraintes de température et d’exploitation parfois extrêmes. Le HVO répond précisément à cette exigence de simplicité et de standardisation.
Le défi économique reste entier
Aujourd’hui, le HVO reste sensiblement plus cher que le gazole conventionnel. Les dispositifs fiscaux permettent de limiter l’écart à une dizaine de centimes par litre dans certains cas, mais sans ces mécanismes de soutien, le prix peut atteindre deux à trois fois celui du carburant traditionnel. Or, dans un secteur où les marges restent contraintes, cette question économique est centrale. Les professionnels soulignent toutefois que l’impact sur le coût global d’un chantier demeure relativement limité au regard des bénéfices environnementaux obtenus. Plusieurs entreprises constatent déjà que leurs clients valorisent l’utilisation de carburants bas carbone dans les appels d’offres et les projets à forte ambition environnementale. La question n’est donc plus seulement technique, mais économique et politique : comment créer les conditions permettant d’accélérer l’adoption du HVO tout en garantissant sa compétitivité ?
Le carburant de transition le plus réaliste ?
À court et moyen terme, le HVO apparaît comme le candidat le plus crédible pour accompagner la décarbonation des engins lourds. Compatible avec les flottes existantes, immédiatement disponible, simple à distribuer et capable de réduire significativement les émissions de CO₂, il répond à la plupart des contraintes opérationnelles des chantiers. Mais son avenir dépendra de deux conditions essentielles : la sécurisation des volumes disponibles et la stabilité d’un cadre fiscal permettant de maintenir un écart de prix acceptable avec le gazole conventionnel. Dans cette perspective, le HVO ne remplace pas l’électrification. Il la complète. La filière semble désormais converger vers un modèle dans lequel les petites machines seront progressivement électrifiées, tandis que les biocarburants assureront la transition des engins les plus énergivores. Autrement dit, avant une électrification massive et généralisée des chantiers, le HVO pourrait bien devenir le carburant de transition dont le secteur a besoin pour réduire dès aujourd’hui son empreinte carbone, sans attendre les solutions de demain.


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